Marcel LEPRIN (1891-1933) Autoportrait au chevalet,1927 Huile sur toile sign Marcel LEPRIN (1891-1933)

Autoportrait au chevalet,1927 Huile sur toile signée en bas à droite, 55 x 38 cm Expositions: - Leprin, Galerie Tooth, Londres, 1927 - Leprin, Galerie Charpentier, Paris, 1947, n° 27 - Marcel Leprin et ses amis, Musée Galliera, Paris, 1965, n° 49 (reproduit au catalogue) - Leprin , tauromachies et portraits, Galerie André Pacitti, Paris, 1970, n° 7 - Leprin centenaire, Galerie Pétridès, Paris, 1991 (exposition réalisée en collaboration avec Alain Delon) Bibliographie: Marcel Leprin, Pierre Bureau, éd. Mayer, 1984. Tous les tableaux de Marcel Leprin reproduits dans ce catalogue proviennent de la Collection du Docteur Lovisi Préface Commencée il y a plus de trente ans la collection en forme d'hommage à Marcel Leprin entreprise par le Docteur Lovisi démontre que l'oeuvre de cet artiste déchaine toujours la passion et engendre ainsi les passionnés. Les tableaux de Leprin, ce solitaire, suivent pas à pas ses tourments comme ses joies. L'ombre d'un érature un choix comparable aurait été de préférer l'autobiographie au roman. Cet ensemble-accumulation de plus de 60 peintures, soit une part non négligeable de l'oeuvre, s'exposait, à touche à touche parfois, il y a quelques mois encore sur les murs de chaque pièce de la maison, cuisine et hall compris. Cette promiscuité du regard est née d'une volonté doublée d'un désir et d'une constatation: l'oeuvre d'art est le chemin le plus court entre deux coeurs d'hommes. La dispersion de cett e collection est le moyen de transmettre et d'engendrer d'autres vocations. Marc Ottavi Photographes: Luc PÄRIS: lucparis.photographies@wanadoo.fr Christophe DURANTI Impression: Imprimerie Jouve Conception graphique: Manuela Fontan Costa: manu@mamuse.net Bio express Vers 1900 Leprin est recueilli par les Pères salésiens de Don Bosco qui l'initient, aux vues de ses dons, au dessin et à la lithographie. Vers S'engage comme mousse puis cumule les petits métiers dont l'un est de toréer le dimanche sur les places des villages. L'autre de vendre sa production picturale de petits formats faciles à transporter... 1914 Rencontre Hélène à Barcelone puis part à la Guerre comme fusilier marin pour la Campagne des Dardanelles. 1916 Epouse par procuration Hélène, sa muse, son égérie, son idéal féminin de vertu et de quiétude. 1919 Démobilisé, il rentre à Marseille; Hélène est partie quelques jours auparavant avec un souteneur. 1919-1921 Traine dans les quartiers chauds, s'alcoolise avant d'être recueilli par Madame Smadja. Réalise la décoration du Bar Pierre, grande fresque de 7 m de long (aujourd'hui fragmentée). 1922 Part pour Montmartre (22, rue Lamarck). Expose au Salon d'Automne. Il se lie avec Pascin, Franck Will, Creixams, Kisling, Jacob, Valadon, Utter, Utrillo et d'autres montmartrois. 1923 A cours d'argent s'installe chez Chaudois (12, rue Cortot). Commence une errance qui va le mener peindre dans les villages et les villes de France pendant dix ans (Dunkerque, Auxerre, Poitiers, Caen, Honfleur ...). Expose trois oeuvres au Salon d'Automne. 1924 Signe un contrat d'exclusivité avec Henri Bureau, encadreur rue Rochechouard, chez qui il réside. 1925-1927 Voyage de villes en villages et pousse jusqu'à Marseille retrouver quelques fréquentations de jeunesse. Revient à Montmartre quelquefois riche mais aussi en état de dénuement. Expose six oeuvres au Salon d'Automne. 1928 Expose à la Galerie Druet avec un succès commercial (51 oeuvres) et au Salon d'Automne (3 oeuvres). 1929 S'installe à Honfleur quelques mois. 1930 Deuxième exposition à la Galerie Druet avec le même succès. 1931 Retourne à Caen où il se désespère. 1932 Regagne Paris où il est hospitalisé. Reçoit la visite amicale de Pierre Bureau, fils de son ancien marchand, qui lui consacrera une monographie en 1984. A ce jour l'oeuvre de Marcel Leprin est référencée par l'auteur du Catalogue Raisonné, M. Norbert Hanse. 1933 Le 27 janvier 1933 Marcel Leprin décède à l'Hôpital Tenon laissant derrière lui une oeuvre d'environ 700 toiles. Une exposition rétrospective lui rend hommage. Marc Ottavi Marcel Leprin « Mes maîtresses: des putains, ma famille: des bistrots... » La vie de Marcel Leprin s'associe à l'image de l'artiste incompris, dans le dénuement mais génial, qu'a véhiculé le XIXe siècle. Sans aucun doute cette destinée lui vientelle d'une blessure secrète / l'abandon du foyer par sa femme chérie Hélène alors qu'il rentre, épuisé mais vivant, de la Grande Guerre (1919). Elle, son égérie, est partie avec un maquereau de la plaine Saint Michel. Cette perte de confiance dans l'espèce humaine lui fera fuir tout au long de sa vie le bonheur de peur qu'il ne se sauve. Il a sans doute fallu cette fatalité, cet aiguillon, pour que Leprin produise les chefs-d'oeuvre qui nous sont parvenus car nombre d'entre eux ont cette charge magique qui lie le coeur du peintre à l'exécution de son oeuvre. Tous les artistes n'ont pas ainsi une vie liée intimement à l'acte de création mais c'est pour Marcel Leprin La vie de Marcel Leprin s'associe à l'image de l'artiste incompris, dans le dénuement mais génial, qu'a véhiculé le XIXe siècle. Sans aucun doute cette destinée lui vientelle d'une blessure secrète / l'abandon du foyer par sa femme chérie Hélène alors qu'il rentre, épuisé mais vivant, de la Grande Guerre (1919). Elle, son égérie, est partie avec un maquereau de la plaine Saint Michel. Cette perte de confiance dans l'espèce humaine lui fera fuir tout au long de sa vie le bonheur de peur qu'il ne se sauve. Il a sans doute fallu cette fatalité, cet aiguillon, pour que Leprin produise les chefs-d'oeuvre qui nous sont parvenus car nombre d'entre eux ont cette charge magique qui lie le coeur du peintre à l'exécution de son oeuvre. Tous les artistes n'ont pas ainsi une vie liée intimement à l'acte de création mais c'est pour certains une nécessité qui tourne en un secret désir. Car en fait Leprin a tout en main pour s'imposer dans le paysage artistique de l'entre deux guerres; des critiques d'art (Dorival...), des collectionneurs (Paul Poiret, Walery, Renouardt...), des marchands pour l'exposer tel Druet..., une notoriété et l'estime de ses coreligionnaires, peintres de leurs états. La destinée de Leprin n'est pas la quiétude mais la bohême et ainsi s'ensuit-il de ses mauvaises rencontres plus de bas que de hauts. Ni carriériste, ni matérialiste, Leprin est de la race qui s'excuse de ne pas donner plus mais c'est parce qu'il a déjà tout donné. « L'argent, vil métal » avait-il souvent répondu aux faiseurs d'or qui le sollicitaient. Marc Ottavi Sa vie, son oeuvre Il est certain que l'alcool et d'autres excitants ont joué un rôle dans la manière de peindre de cet artiste autodidacte, dessinateur de talent sachant rendre vivant les lieux quotidiens et sublimer l'ordinaire. - Son trait de peinture est quelquefois net et précis, à la limite d'une description réaliste et distante. On trouve ainsi dans des paysages ou des places de villages un univers quasi dénudé, à la limite hivernal, où se profilent au loin quelques passants hâtifs s'ils ne sont pas déjà partis. - S'y adjoint une touche plus souple pour rendre les personnages accueillants ou les lieux familiers / bistrots d'habitués aux attitudes lasses, marchands des quatre saisons, belle épicière, intérieurs paysans ou autres / qui s'inscrivent sur la toile d'une main habile et affectueuse. - L'exaltation est un moteur puissant qui s'exprime par une pâte grasse appliquée en matière généreuse et dans un esprit lyrique quasi expressionniste. Heureusement rien ne se classifie chez Leprin, chaque tableau est un nouveau départ et s'ensuit un nouveau mélange d'où surgit quelquefois un chef-d'oeuvre. Marc Ottavi

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