Fin XVIIIe et XIXe siècles PENDULE « LE CHAR DE LA FIDELITE CONDUIT PAR L'AMO Fin XVIIIe et XIXe siècles

PENDULE « LE CHAR DE LA FIDELITE CONDUIT PAR L'AMOUR » Paris, époque Empire Cadran signé V. Lacroix à Paris MATÉRIAUX Bronzes dorés et émail H. 43 cm, L. 49 cm, P. 14 cm Exceptionnel état de conservation, dorure d'origine Le sujet de cette remarquable pendule en bronze finement ciselé et doré représente l'Amour, debout sur un char, une torche à la main. Son corps, tout en mouvement, en appui sur un seul pied traduit la vitesse avec lequel le char est tiré. Cet objet est à lui seul un véritable chef-d'oeuvre de l'art bronzier du début du XIXe siècle, de part sa forme souple et élancée, agrémentée d'un superbe feuillage soulignant son pourtour et centré à l'avant d'un remarquable visage humain échevelé, comme si ce motif ornemental subissait également la vitesse. L'Amour dirige son attelage composé de deux chiens fougueux, en train de bondir, au moyen de deux rênes maniées d'une seule main. Ces deux animaux ont été traités par le ciseleur avec une incroyable technicité et finesse, notamment au niveau du pelage, du mouvement de leur queue et de l'expressivité de leur tête. Un foisonnement de détails inouïs parcourt l'ensemble de la composition comme par exemple les deux petites têtes de lions servant de point d'attache aux harnais, eux-mêmes ornés d'un très fin motif d'entrelacs ou encore cette tête de bélier qui ponctue la barre d'attelage. La roue ajourée à motif de feuillages constitue le cadran de notre pendule qui indique les heures en chiffres romains sur un fond d'émail blanc. Le char semble filer sur un parterre naturel fait de fleurettes, de feuilles et d'éléments minéraux. En façade, la base s'orne d'un magnifique bas-relief représentant trois groupes de putti dans un environnement végétal s'adonnant aux joies de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Les côtés arrondis s'agrémentent d'une fontaine monumentale sculptée de mufles de lion d'où jaillissent des gerbes d'eau, entourée d'arbres et de plantes stylisées. L'ensemble de cette pendule repose sur six pattes de lions griffues. Ce chef-d'oeuvre de l'horlogerie française de l'Empire montre toute l'attention, toute la technicité et toute la virtuosité des artistes bronziers de cette période qui fut la très grande époque du bronze ciselé et doré. Les pendules dites « au char » sont apparues dès la fin du XVIe siècle, notamment en Allemagne. Eclipsé durant le XVIIe siècle et une grande partie du XVIIIe siècle, ce thème va alors connaître un véritable engouement dans les années 1790 et connaître son apogée sous le règne de Napoléon Ier. Il va alors révéler toute l'imagination de ce sujet pour abandonner d'autres thèmes plus statiques inventés sous l'Empire pour donner lieu à des oeuvres pleines de mouvement auquel s'allient malgré tout la grâce et l'élégance propre au Néoclassicisme. La symbolique de cette pendule est très importante car elle traduit un sentiment qui touchait alors l'ensemble des hauts dignitaires de l'Empire à savoir le retour à un certain ordre moral. En effet, les chiens, symbole de Fidélité, sont ici chargés de tirer l'Amour vers le triomphe (la torche). Ce sujet moralisateur a été traité à de nombreuses reprises et si l'Amour est toujours présent, son attelage a connu de nombreuses variations. On connait des modèles tirés par des boeufs, des lions, des léopards, des chevaux, des cerfs, des lévriers voire même par des cygnes, symboles de pureté. Ce type de pendule avait pour objectif de décorer les grandes demeures des dignitaires de l'Empire qui, à leur regard, était censé se souvenir du comportement juste, moral et digne qu'ils se devaient d'adopter. Notons que ces pendules « au char » étaient appréciées essentiellement pour leur effet ornemental plutôt que pour leur fonctionnalité car la lecture de l'heure placée au centre de la roue n'est pas aisée. Le Mobilier National conserve une pendule en bronze argenté et marbre blanc représentant le thème du « Char de la Fidélité » provenant du « fonds Murat » et choisit par la princesse Murat pour orner le « boudoir d'argent » situé dans ses appartements du Palais de l'Elysée (fig.1). Illustrant ce thème du « Char de l'Amour » et de ces variations, on peut rapprocher notre pendule de celle également conservé au Mobilier National où l'attelage est composé de cygnes (fig.2). Une oeuvre très similaire à celle que nous présentons est reproduite dans: Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la Pendule Française du Moyen-âge au XXe siècle, éd. de l'Amateur, Paris,1997, p. 418, Fig. C RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la Pendule Française du Moyen-âge au XXe siècle, éd. de l'Amateur, Paris,1997 Marie-France Dupuy-Baylet, Les Pendules du Mobilier National 1800-1870, éd. Faton, Dijon, 2006 Gian Giotto Borelli, Horloges et Pendules, éd. Fabbri, Paris,1992

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