- Jean-Baptiste Frédéric DESMARAIS (Paris 1756 - Carrare 1813)  Le refus d'Achille. Huile sur toile (toile d'orig - Jean-Baptiste Frédéric DESMARAIS (Paris 1756 - Carrare 1813)

Le refus d'Achille. Huile sur toile (toile d'origine). 119 x 182 cm. Signé en bas à gauche J B Desmarais. (Accidents et restaurations). tableaux anciens Expert Cécile RITZENTHALER Tél. : 06 85 07 00 36 Desmarais (1756-1813) est un peintre français ayant passé sa vie en Italie de la Révolution à l’Empire (Rome, Florence et la Toscane alors française). Sa production de peintre d’histoire et de portraits est relativement restreinte, une soixantaine de peintures et dessins retrouvés, ce qui peut s’expliquer par son parcours académique : professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Florence en 1793, de Lucques en 1805 puis de directeur de l’Académie de Sculpture de Carrare à partir de 1806. Notre tableau fait partie d’un cycle qui illustre les récits homériques de la légende d’Achille De la colère d’Achille à la mort d’Hector (Iliade IX, 181-635), réalisé pendant la période romaine de Desmarais (1786-1793). Le thème représenté succède au départ de Briséis dont l’esquisse Briséis enlevée à Achille est conservée par le musée Fabre. Il précède les quatre esquisses préparatoires aux peintures (perdues) du Palais Tolomei de Pistoia, qui illustrent l’épopée guerrière d’Achille : Iris messagère de Junon apparaîssant à Achille, Jupiter sur le point de soupeser les destinées d’Achille et d’Hector, Achille traînant le corps d’Hector, Priam suppliant qu’on lui rende le corps de son fils et Les pleurs sur le cadavre d’Hector dans le Palais Royal de Troie. C’est avec la dixième année de guerre que commencent les récits proprement homériques et la querelle autour de Briséis (Iliade I, 318- 427). Sur le butin rapporté au cours de diverses expéditions de piraterie contre les villes du voisinage, Achille prit Briséis, fille de Brisès, prêtre de la ville de Lyrnemos, et Agamemnon Chryséis, la fille du prètre d’Apollon Chrysès. Agamemnon ayant refusé de rendre Chryséis à son père contre rançon, Apollon envoie une peste qui ravage l’armée grecque. Forcé de rendre Chryséis, Agamemnon demande Briséis en échange. C’est le prétexte de la colère d’Achille. Il se retire sous sa tente et refuse de prendre part à la lutte contre les Troyens tant qu’on lui contestera la propriété de la jeune fille. Lorsque Patrocle remet Briséis aux hérauts d’Agamemnon, Talthybios et Eurybatès, il ne peut qu’y consentir, mais proteste solennellement contre cet acte qu’il juge empreint d’injustice et refuse de combattre. C’est ce moment-là que décrit Desmarais, l’entêtement d’Achille dans son refus de combattre malgré les exhortations de Patrocle, son plus fidèle ami. Devant la succession de défaites de l’armée grecque, rendant la présence d’Achille indispensable, Agamemnon envoie une nouvelle ambassade guidée par Ulysse pour tenter de convaincre Achille. Patrocle lui rappelle toutes les promesses faites par Agamemnon s’il consent à participer au combat, lui expose la situation critique et devant son impassibilité, lui demande l’autorisation de revêtir son armure divine pour se mêler à la lutte. Indifférent, Achille continue à jouer de la cithare, vertu essentielle pour ce proche parent d’Apollon. Il apparaît ici à l’opposé du guerrier puissant et invincible, tel un bel éphèbe, dans sa nature la plus douce. Ses armes, son armure et son bouclier orné de la tête de méduse, rappel à la statue d’Athéna dressée sur une colonne et reconnaissable à la cuirasse, l’égide et la lance d’or et évoquant la protection que la déesse assure aux héros grecs. Notre tableau est à rapprocher d’un des six dessins préparatoires de Desmarais, conservés au Cabinet des dessins du musée des Offices (S 11835), Le Refus d’Achille (plume et encre brune, lavis brun, h. 26 ; l. 36 cm) les variantes entre le dessin des Offices et notre tableau peuvent donner une idée de la réflexion de l’artiste ou des exigences du commanditaire. Parmi les six dessins de Desmarais conservés au musée des Offices (S 11833) un seul tableau avait été jusqu’à ce jour retrouvé. Il s’agit des Adieux d’Hector conservé dans les collections de l’Antico Caffé Greco via Condotti à Rome, lieu de rencontre des artistes de l’Académie de France à Rome. BiBliographie en rapport avec le taBleau : - Hèlene Palouzié. Jean-Baptiste Desmarais (1756-1813), son milieu, son temps. Thèse de Doctorat d’Histoire de l’art et archéologie, option art moderne, sous la direction de Laure Pellicer. Montpellier III, Université Paul-Valéry, 1994 (inédite). - Hèlene Palouzié. Redécouvrir un peintre des Lumières : Jean-Baptiste Desmarais (1756-1813). Actes du colloque François-Xavier Fabre en son temps, Montpellier Musée Fabre- Université de Montpellier (31 janvier - 1er février 2008), 2009 (à paraître). - Antico caffé Greco, Rome, 1989 ; Pittura italiana nell’Ottocento, Cat. exp. Venise, 2005. Nous remercions Madame Hélène Palouzié, docteur en Histoire de l’Art, et conservateur des antiquités

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